Nos agriculteurs : forces vives du territoire !

Nos agriculteurs : forces vives du territoire !

Rencontre avec Didier Doux, emblématique agriculteur de la troisième circonscription.

M.Doux est agriculteur dans la circonscription depuis 1988. 

Cultivant 160 hectares de terres réparties entre de nombreuses communes comme Aramon, Villeneuve, Roquemaure ou Montfaucon, Didier Doux s’est voué à la production de céréales et de légumineuses : tournesol, pois chiche, blé dur et blé tendre sont ses principales cultures.

J’ai rencontré ce collectionneur de tracteurs passionné dans la plaine de l’abbaye de Villeneuve, où il cultive 13 hectares depuis une dizaine d’années. Si l’agriculture est soumise aux inévitables aléas climatiques, Didier Doux reste très positif : “ça a toujours été comme ça”, affirme le sexagénaire en souriant. Il faut dire que le gel porte plus directement préjudice aux arboriculteurs et vignerons qu’aux agriculteurs céréaliers.

Une seule chose crève le cœur de M.Doux : les terres laissées depuis des années en friches qui parsèment le territoire de la circonscription notamment dans Plaine de l'Abbaye pourtant censée représenter un véritable grenier ! Souvent inutilisées par calcul foncier, ces terres pourraient cependant permettre aux jeunes agriculteurs de se lancer, et de renforcer l’autonomie alimentaire de la France, qui importe trop de produits étrangers au goût de Didier... Il espère que l’agriculture française pourra à l’avenir s’autonomiser face aux normes européennes, souvent perçues comme malvenues et injustes par les agriculteurs de l’hexagone. La France doit aussi pouvoir faire face à la concurrence mondiale sur son propre territoire.

Avec la guerre en Ukraine, Didier anticipe une déflation du prix du blé : “les silos ukrainiens sont pleins, et la guerre empêche l’Ukraine d’écouler ses stocks progressivement comme elle le fait d’habitude. Lorsque les moissons viendront, il n’y aura plus de place dans les silos, et l’Ukraine devra abaisser les prix pour vendre rapidement son blé, ce qui ne nous laissera pas grand-chose." Encore faut-il que l’Ukraine soit en capacité d’exporter dans les mois qui viennent, et que la guerre ne réduise pas en cendres les précieuses récoltes. Mais pour Didier, rien de pire que “ces brusques soubresauts “ des prix liés aux crises internationales, et qui laissent dans l’expectative tous les agriculteurs.

Ces perspectives n'entachent cependant pas l’enthousiasme de M.Doux, qui voit l’avenir de ses terres et de son exploitation assuré en la personne de son fils de 19 ans qui se lance également dans l’agriculture à Roquemaure notamment.