Paré pour une plongée dans 4000 ans d'histoire ?

Paré pour une plongée dans 4000 ans d'histoire ?

Retour aux sources de Saint-Victor-la-Coste, à l'Ermitage de Mayran.

Perdue au milieu des vignes, à 3 kilomètres de Saint-Victor-la-Coste se dresse la Chapelle de Mayran. 


Entourée d’un petit parc qui accueille régulièrement des mariages ou des fêtes en plus des traditionnels pèlerinages du 1er mai et du 15 août, la chapelle de Mayran est une vieille dame qui a beaucoup de choses à raconter.

C’est justement pour transmettre les secrets du monument vieux de mille ans que s’est constituée l’association Ermitage de Mayran. Composée de 62 membres, l’association réunit des amoureux de la culture locale, installés depuis longtemps, si ce n’est depuis toujours, dans les environs de

 

Saint-Victor-la-Coste. C’est une chaleureuse petite équipe qui m’a accueillie, un beau soir, pour une visite exclusive émaillée de belles histoires et conclue - comme il se doit chez des vignerons - par un apéritif.

En 1969, des scouts Lillois en camp d’été débarquèrent à la chapelle, avec la ferme intention de sauver l’édifice, abandonné depuis le début du siècle. Sous cette impulsion première s’est créée l’association qui, depuis, s’attache à rénover, entretenir, faire vivre la chapelle. Processions, fêtes, camps scouts et visites de randonneurs curieux se sont succédés depuis sur ce terrain communal chargé d’histoire.

Il faut dire qu’on y apprend beaucoup : Louis Faraud, père de l’actuel président de l’association Hervé Faraud, a laissé pendant des années des archéologues fouiller ses vignes autour de la chapelle. Les entrailles de la terre témoignent d’une occupation ininterrompue du site de Mayran depuis des millénaires. Parmi les 1300 tombes médiévales et antiques, la plus vieille date du Bronze Ancien, période qui correspond en Europe de l’Ouest au deuxième millénaire avant Jésus Christ ! Vraisemblablement bâtie à la place d’un temple romain, lui-même bâti sur un site religieux Celte, la chapelle est bordée des restes de deux villae romaines datant du haut et bas Empire. Ces villae témoignent de l’importance déjà accordée au vin, avec la mise à jour de cuves, d’amphores et des reliefs d’un chai. Seule une partie des restes a été révélée, dont une grande quantité de monnaies et de tessons.

Des mystères enfouis dans le temps font le charme du site et attendent toujours des réponses : on y a retrouvé une tombe bien particulière où un homme et une femme sont inhumés, main dans la main, sans aucune trace de blessure sur leurs dépouilles. Cette touchante mise en scène n’est pas sans évoquer une ancienne histoire d’amour, raison pour laquelle le couple a été nommé “les amoureux de Mayran”.

La dizaine de membres actifs de l’association transmet avec dévouement cet héritage aux curieux, et anime ce lieu d’une atmosphère accueillante. Marcheurs, touristes et pélerins y sont les bienvenus ! L’association prend la digne relève des vieux ermites qui vivaient à la chapelle, jusqu’au début du siècle dernier.

Merci à ces passionnés qui font de nos racines un héritage vivant et accessible !